Denis Flageollet, horloger

Construire une mécanique d’art ou une Utopie, ce qui compte c’est avec qui on le
réalise et que le chemin soit beau

Michel Bourreau

horloger d’art

Michel Bourreau a six ans lorsqu’il commence à fréquenter l’atelier d’horlogerie de son père. Toutefois c’est avec un Bac en construction mécanique qu’il acquiert les bases qu’il considère aujourd’hui encore indispensables et incontournables.

Mais il découvre aussi l’univers d’une grande entreprise industrielle qui lui semble sans âme.

Il revient alors à l’horlogerie grâce une formation en alternance et crée sa propre entreprise. Après quelques années de pratique il se consacre essentiellement aux objets anciens.

La rencontre avec amateur d’art permet à Michel de découvrir le patrimoine industriel et culturel gravement menacé des horloges d’édifice. Il imagine un procédé réversible pour réduire l’usure de ces mécanismes. Le principe est breveté en 2001 et se concrétise grâce à une rencontre avec Christophe Riehl, alors brillant élève de l’ENSEIRB et devenu un ami.

Au cours de cette trentaine d’années de pratique intense, Michel assume aussi la mission de maître d’apprentissage et reçoit régulièrement des stagiaires qui souvent font carrière dans les Manufactures d’horlogerie en Suisse. Quelques vingt ans plus tard des liens d’amitié restent.

Mécanicien créatif, il est consultant lors de la création d’une horloge monumentale à Besançon. Puis il travaille sur un échappement original dédié à « l’Horloge qui Penche », une association qui souhaite soutenir de jeunes porteurs de projets,
orientés vers le développement durable.

Finalement sa carrière bascule lorsqu’il rencontre les maîtres mécaniciens d’art et horlogers de Sainte-Croix. Il quitte Bordeaux pour s’installer en Suisse, au Val-de-Travers où il participe à la création de pièces d’exception et au développement de prototypes pour une Manufacture de Haute Horlogerie.

Conscient de vivre dans une région bien particulière, Michel participe à la rédaction d’un dossier de candidature des arts mécaniques, comme patrimoine vivant de l’arc jurassien franco-suisse, coordonné par l’Office fédéral de la culture. En décembre 2020, les savoir-faire en mécanique horlogère et mécanique d’art sont inscrits par l’UNESCO sur la Liste représentative du Patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

À soixante cinq ans Michel travaille à Sainte-Croix pour l’association Mec-Art, qui souhaite créer un atelier collaboratif dédié à la mécanique d’art. La collaboration entre l’ECAL et Mec-Art lui offre l’opportunité de concevoir des mécanismes originaux et ainsi entretenir son goût pour l’échange et l’envie de transmettre son expérience au plus jeunes. Soucieux de réduire ses déplacements autant que rejoindre ses amis mécaniciens d’art, il vit aujourd’hui à Sainte-Croix.